Église Saint Samson Trévou :  tout savoir sur les vitraux du cœur et du transept

Église Saint Samson Trévou : tout savoir sur les vitraux du cœur et du transept

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Église Saint Samson Trévou :  tout savoir sur les vitraux du cœur et du transept

Patrimoine communal : église Saint Samson, bourg de Trévou-Tréguignec : Vitraux du cœur et du transept par Jean-François Lafaye du Royau. (NDLR : merci beaucoup pour ces lignes très instructives…)

Ces trois magnifiques vitraux qui illuminent le cœur et le transept de notre église ont été réalisés par l’atelier de création d’Hubert de Sainte-Marie maître verrier à Quintin, dans les années 1956-1957, (devis, plans, maquettes…déposés aux archives  départementales). Ils représentent le Christ au niveau du cœur et deux évêques que l’on identifie à Saint Samson et Saint Yves au niveau du transept.

Hubert de Sainte-Marie traduit ici le talent particulier qu’il possède pour le vitrail abstrait et sa grande sensibilité pour les vitraux à motif religieux. Il travaille le verre dans un style classique, peinture sur verres plats colorés ou peints, découpés et assemblés par une résille de plomb. Le caractère atypique et particulièrement longiligne des personnages s’harmonise parfaitement avec la forme et la dimension des grandes baies en arc brisé qui les accueillent.

Dans le cœur, le Christ semble quant à lui se développer immensément à partir de la nativité représentée dans une bulle sous ses pieds. Sur chacun de ses côtés s’élèvent des scènes de sacrément. Les couleurs de ce vitrail sont à dominante rouge, bleu, orange et or. Le rouge, moins rayonnant mais qui exalte quand le soleil le frappe symbolise la passion et nous rappelle le sang du Christ. Le bleu qui par temps sombre devient plus puissant symbolise la paix la sérénité et la fidélité. L’orange enfin qui tend vers l’or ainsi que l’or lui-même  symbolisent la lumière céleste et l’union de l’homme et de Dieu.

Les deux saints évêques du transept, longilignes comme le Christ, sont résolument modernistes dans le choix des couleurs comme dans la géométrie des motifs qui les encadrent. Comme pour le Christ les couleurs rouges, bleu orange et or dominent au niveau des deux personnages. En revanche les motifs géométriques du pourtour comportent et réhabilitent des couleurs comme le gris et le jaune rarement employées pour des vitraux (le gris fut longtemps considéré comme une non-couleur et le jaune était ignoré au profit de l’or) mais l’ensemble permet de diffuser une lumière particulièrement douce vers le cœur et la nef.

Hubert de Sainte-Marie neveu du maréchal Lyautey est né à Reims en 1923. Élève chez les jésuites de Reims il découvre et s’attache profondément à la Bretagne lors de ses vacances scolaires qu’il passe de 1931 à 1936 à Carantec. Ses études le conduisent successivement à l’École des Beaux Arts de Paris puis l’École Nationale des Arts Décoratifs pour intégrer enfin l’École des Métiers d’Art de Paris, section vitrail. Lauréat du concours des vitraux pour le Sacré Cœur de Montmartre organisé par les monuments historiques il trouve ainsi une première consécration. C’est vers 1945, avec son épouse Françoise Rabin décoratrice qu’il ouvre à Quintin son atelier et c’est vers 1947 que l’aventure du maître verrier commence vraiment. Sa notoriété qui dépasse nos frontières lui permet d’ouvrir des chantiers prestigieux pour des cathédrales comme Coutances, Saint Brieuc, Tréguier.. Mais aussi pour un grand nombre d’églises et de chapelles tout particulièrement en Bretagne.

Après avoir œuvré pendant plus de quarante ans Hubert de Sainte-Marie décède le 18 avril 1991.

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