Rozenn Milin à 65 ans, a une carrière exceptionnelle derrière elle.. Elle a participé à la création de Radio Bretagne Ouest. En 1983 elle est embauchée comme speakerine bilingue (breton) sur France3. Plus tard elle devient directrice générale de TV Breizh avant d’être attachée audiovisuelle à l’Ambassade de France ) Pékin, chargée du cinéma, de la radio, de la télévision et des industries numériques. C’est donc avec plaisir que Gildas Moal et Maël Vérot l’accueillaient ce mercredi sur un thème qui a captivé les 70 personnes présentes.
Dans le cadre d’une thèse qu’elle a brillamment soutenue récemment elle s’est penchée sur la manière dont l’État a obligé les enfants à ne plus parler leur maternelle à l’école…. Sa thèse intitulée Du sabot au crâne de singe : histoire, modalités et conséquences de l’imposition d’une langue dominante : Bretagne, Sénégal et autres territoires…. Le « symbole » a longuement été évoqué … objet de la honte que devaient porter autour du cou les petits bretons qui utilisaient leur langue maternelle à l’école dans les années 50-60 et encore 70…
à l’issue de la passionnante conférence émaillée de nombreux témoignages (elle en a collectés plus de 600 pour sa thèse…) les participants ont fait la queue pour se procurer son dernier livre mis en vente par la librairie Gwalarn : La Honte et le Châtiment…
La Honte et le châtiment
L’imposition du français: Bretagne, France, Afrique et autres territoires
L’une des plus grandes mutations que la Basse-Bretagne a connues au XXe siècle est le changement de langue. Jusqu’aux années 1950-1960, la principale langue familiale dans les campagnes était le breton, que tous connaissaient et transmettaient de génération en génération. Quelques décennies plus tard, il n’est plus parlé quotidiennement que par quelques dizaines de milliers, voire quelques milliers de personnes. Comment une langue autrefois florissante a-t-elle pu décliner aussi vite ? Quel a été le rôle de l’école et de méthodes comme celle du « symbole », un objet stigmatisant dont on affublait les enfants qui commettaient la « faute » de s’exprimer dans leur propre langue ? Et quelles conséquences ces pratiques vexatoires et parfois violentes ont-t-elle eues là où elles étaient en usage, dans les différentes régions de l’Hexagone, mais également dans beaucoup de pays européens, au Japon, et jusqu’aux anciennes colonies d’Afrique subsaharienne ?
Historienne de formation, Rozenn Milin est titulaire d’un doctorat en sociologie. L’essentiel de sa carrière professionnelle s’est déroulé dans les médias, à la radio, puis à la télévision. Elle devient présidente du Conseil culturel de Bretagne en janvier 2023.

















